AccueilFormationsComment faire une reconversion grâce à l’alternance ?

Comment faire une reconversion grâce à l’alternance ?

session de formation

L’alternance permet de conjuguer deux statuts : celui de salarié en entreprise et celui d’étudiant. Dès lors, ce dispositif est souvent considéré comme étant l’apanage des jeunes âgés de 16 à 25 ans. Pourtant, ce n’est absolument pas le cas ! L’alternance est un dispositif particulièrement vertueux ouvert à tout un chacun et sans limite d’âge : demandeurs d’emploi, personnes handicapées, sportifs de haut niveau, créateurs ou repreneurs d’entreprise, etc.

Pour les personnes en reconversion professionnelle, c’est un excellent moyen de se former à son futur métier, tout en l’éprouvant sur le terrain. Voici tout ce qu’il faut savoir sur l’alternance, en tant qu’outil de reconversion :

Comment fonctionne l'alternance ?

L’alternance s’appuie sur deux principes : d’une part une formation générale et théorique, et d’autre part, une formation pratique en entreprise.

Comme son nom l’indique, la formation en alternance prévoit donc que l’apprenant alterne des périodes en centre de formation, et au sein d’une entreprise.

Dans le cadre de la formation en alternance, il existe deux types de contrats : l’apprentissage et la professionnalisation.

Le contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, mais aussi aux demandeurs d’emploi âgés de 26 ans et plus, et aux bénéficiaires de certains minimas sociaux (RSA, ASS ou de AAH).

Le contrat de professionnalisation ne requiert aucun niveau de qualification et peut être conclu, soit sous la forme d'un contrat soit à durée déterminée (CDD), soit indéterminée (CDI).

S’il s’agit d’un CDD, sa durée peut être comprise entre 6 et 12 mois, voire 36 mois pour certains publics prioritaires. Le CDD peut, par ailleurs, être renouvelé une fois si la qualification visée n'a pu être obtenue pour cause d'échec aux épreuves, de maladie, de maternité, d’accident du travail ou de défaillance de l'organisme de formation. Le renouvellement est également possible pour préparer une qualification supérieure ou complémentaire à celle obtenue.

La rémunération minimale à verser au bénéficiaire du contrat de professionnalisation est fixée en pourcentage du SMIC ou du minimum conventionnel.

La rémunération du contrat de professionnalisation est en fonction de l'âge :

  • Pour un jeune de moins de 21 ans : 55% du SMIC à minima, puis 65% si le bénéficiaire est titulaire au moins d'un baccalauréat professionnel ou d'un titre ou diplôme équivalent
  • Pour un jeune de 21 à 25 ans : 70% du SMIC à minima, puis 80% si le bénéficiaire est titulaire au moins d'un baccalauréat professionnel ou d'un titre ou diplôme équivalent,
  • Pour un demandeur d'emploi de 26 ans et plus : au moins le SMIC ou 85% de la rémunération minimale conventionnelle ordinaire.

Le contrat d’apprentissage

Le contrat d’apprentissage concerne, d’une part, les jeunes de moins de 15 ans ayant achevé le premier cycle de l’enseignement secondaire en tant que stagiaire de la formation professionnelle, sous statut scolaire, dans un lycée professionnel ou dans un centre de formation d’apprentis ; et d’autre part, tous les jeunes de 16 à 29 ans révolus.

La rémunération, pour les apprentis est de 27 à 100% du SMIC (pour les contrats conclus à partir du 1er janvier 2019) selon l’âge de l’apprenti et sa progression dans l’apprentissage.
L’apprenti s’engage pour un CDD de 6 mois à 3 ans selon la durée du cycle de formation, ou bien un CDI.

Comment faire son dossier d'alternance ?

Comment trouver les bons interlocuteurs ?

Pour les contrats de professionnalisation, l’interlocuteur clé est la chambre consulaire, c’est-à-dire : la chambre de commerce et d'industrie (CCI), si l’entreprise d’accueil est immatriculée au registre du commerce et des sociétés, la chambre de métiers et de l'artisanat si elle est inscrite au répertoire des métiers, et la chambre d'agriculture si l’apprenti relève de la MSA.

Pour les demandeurs d’emploi, le conseiller Pôle Emploi est un interlocuteur privilégié tant pour le contrat de professionnalisation, que pour le contrat d’apprentissage.

Enfin, d’une manière plus générale, pour tous les aspirants à l’alternance, et les entreprises qui souhaitent les accueillir, les opérateurs de compétences (OPCO) sont aussi une ressource précieuse. Ces organismes agréés sont en effet chargés de financer et d’accompagner la formation professionnelle ; et plus précisément :

Ils assurent un service de proximité pour les TPE et PME,

Ils financent les contrats d’apprentissage et de professionnalisation, selon les niveaux de prise en charge fixés par les branches professionnelles ;

Ils apportent un appui technique aux branches professionnelles pour établir la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC), déterminer les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage et des contrats de professionnalisation, et, enfin, les aider dans leur mission de certification (construction des référentiels de certification, savoirs et compétences exigés pour l’obtention de la certification visée).

Comment trouver une école ou un organisme de formation en alternance ?

Les types d’organismes de formation sont multiples. Ils peuvent différer selon le type de contrat ; à savoir :

Pour le contrat d’apprentissage : les Centres de formations d’apprentissage (CFA) sont généralement les établissements en première ligne pour proposer des proposent des UFA (unités de formations par apprentissage) mais certains autres établissements types lycées, universités, IUT, écoles de commerce ou d’ingénieurs les proposent aussi quelquefois.

Pour le contrat de professionnalisation : les cours théoriques peuvent être suivis dans un organisme de formation extérieur, un établissement de formation initiale (universités, écoles…), un organisme de formation continu (type Greta). Enfin, l’entreprise d’accueil peut aussi assurer la formation si elle dispose d’un service de formation interne.

Comment trouver une entreprise d’accueil ?

Rechercher une entreprise d’accueil pour une alternance est un parcours relativement similaire à la recherche d’un emploi classique : rédaction d’un CV, prospection, lettre de motivation, entretiens, etc.

Cependant, il existe une certaine temporalité et quelques pistes pour être aidé dans ses démarches. En effet, les formations démarrant généralement entre septembre et octobre, il vaut donc mieux entamer ses recherches d’entreprises dès le mois de mars.

La recherche d’une entreprise peut être facilitée en consultant :

  • La cité des métiers,
  • Les salons spécialisés alternances et /ou formations professionnelles (type forums-écoles),
  • Les bourses d’apprentissage : des offres de contrats sont en effet déposées sur le site des chambres de commerce et d’industrie (CCI),
  • Des sites spécialisés tels que labonnealternance.pole-emploi.fr
  • Les centres d’information et de documentation pour la jeunesse (CIDJ),
  • Les centres de formation d’apprentis (CFA).

L’alternance : une opportunité pour les demandeurs d’emploi en reconversion

Le statut des alternants à – entre autres - été réexaminé en 2014 par Pôle Emploi. Il a alors rejoint le principe des droits rechargeables, qui prévoit que : « plus une personne travaille, plus elle a de droits à l'assurance chômage ». Ainsi, dans le cadre d'un contrat qui alterne périodes travaillées et périodes non travaillées, le demandeur d'emploi conserve l'ensemble de ses allocations en cas de reprise d'emploi, y compris de courte durée. S’il retrouve un emploi sans avoir consommé l'intégralité de ses droits au chômage, il conserve son reliquat, qu'il peut utiliser en cas de nouvelle perte d'emploi.

En outre, si le demandeur d'emploi arrive en fin d'indemnisation, Pôle emploi procède à une recherche des éventuelles périodes d'activité qui pourraient lui ouvrir de nouveaux droits à indemnisation. Le rechargement des droits est possible à condition que le salarié ait travaillé au moins 150 heures au titre d'une ou plusieurs activités exercées antérieurement, allongeant ainsi, de manière automatique, la durée d'indemnisation. Concrètement, cela signifie qu’un salarié qui souhaite entamer une reconversion professionnelle et qui acquiert des droits d’indemnisation par Pôle Emploi (via, par exemple, la signature d’une rupture conventionnelle, une démission à certaines conditions, un licenciement ou la fin d’une période d’essai…), va pouvoir engager une formation en alternance dans la filière qu’il convoite ; dans les conditions suivantes :

Sa formation sera financée par l’OPCO. Il percevra un salaire par son employeur, allant de 55 à 100% du SMIC, en fonction de son type de contrat d’alternance, et de son âge,

Si son salaire est inférieur au montant de ses indemnités (ARE), Pôle Emploi complètera ses revenus de manière qu’il perçoive un montant équivalent à ses indemnités,

Le nombre de jours travaillés durant la période d’alternance viendra prolonger les droits d’indemnisation.

Pour toutes ces raisons, entamer une formation en alternance dans le cadre d’une reconversion professionnelle peut s’avérer une réelle opportunité, et ce ; quel que soit votre âge, votre cursus de formation, ou le secteur d’activité que vous souhaitez intégrer. Cela non seulement résout l’épineux problème du financement, mais permet également de conforter un choix ou lever les a priori d’un nouveau métier en l’éprouvant sur le terrain.

L’entreprise, pour sa part, bénéficiant d’incitations fiscales sera plus ouverte à offrir sa chance à un candidat inexpérimenté mais motivé. Cette première expérience si elle donne satisfaction aux deux partis, à de bonnes chances de se conclure par une collaboration pérenne.

Découvrez le témoignage de Lionel, ex-développeur informatique chez Deezer, qui se reconvertit en pleine pandémie, en suivant une formation en alternance de Lead Manager.

Les aides aux entreprises pour l'embauche en alternance

Le dispositif n’a cessé d’évoluer au fil de la pandémie… C’est en effet un premier décret du 24 aout 2020, complété par les décrets n°2021-223 et n°2021-224 du 26 février 2021, modifiés par le décret n° 2021-363 du 31 mars 2021 qui cadrent aujourd’hui le dispositif !

Voici les conditions pour bénéficier de ces aides :

Quelle période ?

L’aide concerne les contrats signés à compter du 1ᵉʳ juillet 2020 et jusqu’au 31 décembre 2021.

Pour quelles entreprises ?

  • Les entreprises de moins de 250 salariés, sans condition. 
  • Pour les entreprises de 250 salariés et plus, l’aide est octroyée si « elles s’engagent à atteindre un seuil de contrats d’alternance ou de contrats favorisant l’insertion professionnelle dans leur effectif au 31 décembre 2021, selon des modalités suivantes définies par décret », c’est-à-dire : avoir atteint le taux de 5% de contrats favorisant l’insertion professionnelle (contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation, CIFRE et VIE) dans l’effectif salarié total annuel, au 31 décembre 2021 ; ou bien, avoir atteint au moins 3% d’alternants, dans l’effectif salarié total annuel au 31 décembre 2021 et avoir connu une progression d’au moins 10% d’alternants.

Quel montant ? 

L’aide couvre 100 % du salaire d’un apprenti de moins de 21 ans, 80 % du salaire d’un apprenti de 21 à 25 ans révolus et près de 45% du salaire d’un apprenti de 26 ans et plus.

Quelles modalités de versement ?

De manière mensuelle et automatiquement, avant le paiement du salaire de l’apprenti. Sa gestion et son suivi de l’aide sont confiés à l’Agence de services et de paiement (ASP).

Quelles démarches à effectuer ?

L’employeur doit transmettre les contrats d’apprentissage qu’il a conclu à l’OPCO compétent dans son secteur d’activité pour instruction, prise en charge financière et dépôt de ces contrats auprès des services du ministère en charge de la formation professionnelle (DECA).

Pour tout savoir sur ce dispositif, rendez-vous sur https://www.1jeune1solution.gouv.fr/