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Étude : 47% des actifs sont en reconversion professionnelle ou envisagent de le faire

trouver sa voie

47% des actifs sont en reconversion professionnelle ou envisagent de le faire. C'est le résultat d'une étude relayée par le journal Le Point. Zoom sur un phénomène en plein boom.

Un phénomène accéléré par la Covid

La reconversion professionnelle n'a rien de nouveau. Elle attire de plus en plus d'actifs depuis plusieurs années

En 2020, avec la pandémie, le phénomène a pourtant pris de l'ampleur. Secteurs paralysés, esprits confinés, changement d'aspirations... les raisons sont nombreuses. Les économistes sont formels : la reconversion gagne du terrain.

Début 2021, les chiffres d'une étude de Centre Inffo le confirment. L'enquête a mobilisé 1 600 personnes. Il en ressort que 20 % des travailleurs français sont engagés dans un processus d'évolution professionnelle.

Plus de reconversion chez les jeunes et les indépendants

La proportion monte à près d'un tiers chez les travailleurs indépendants. En effet, ils sont 30 % à se lancer dans l'aventure de la reconversion. Plus encore, les moins de 24 ans sont particulièrement concernés. 34 % des jeunes sont en reconversion.

Sans surprise, ce sont les actifs inoccupés qui se reconvertissent le plus. La part atteint chez eux 35 %. Ajoutons la proportion des sondés qui envisagent une reconversion. On atteint alors 47 %. Autrement dit, près d'un actif sur deux envisagerait d'abandonner son secteur d'activité. Mais que cachent de tels chiffres ?

Se reconvertir : pourquoi et comment ?

La principale raison citée n'est pas si évidente. Il ne s'agit pas d'un choix purement économique. Pour 86 % des sondés, l'essentiel est ailleurs. Ils veulent avant tout rester fidèles à leurs valeurs. Et donc trouver un emploi qui reflète leurs passions.

Après la question du pourquoi, vient celle du comment. Comment réaliser ce tournant de carrière ? Pour 62 % des travailleurs en évolution professionnelle ou ayant ce projet, un soutien est présent. Ils sont 71 % à se faire accompagner chez les actifs inoccupés. Des chiffres à mettre en perspective avec les bienfaits apportés. Bien souvent, la qualité de l'accompagnement est au rendez-vous. Plus de 7 personnes sur 10 bénéficiant d'un tel soutien expriment leur satisfaction vis-à-vis du service offert.

Une incitation nécessaire pour les plus fragiles

La reconversion n'est pas naturelle pour toutes les catégories professionnelles. Chez les actifs dont l'emploi est menacé, une incitation à changer de perspective s'avère parfois nécessaire.

Le ministère du Travail a récemment imaginé un nouveau système d'accompagnement. Celui-ci est destiné aux salariés qui le souhaitent et dont l'activité est rendue incertaine par le contexte. Autrement dit, tout poste susceptible de disparaître. Il s'agit d'une question de survie plutôt que d'envie. Ce projet porte le nom de Transco. Il est co-conçu par les syndicats. Le financement est garanti par les patrons.

À travers ce projet, le salarié est alors conduit vers des métiers dits d'avenir. Des postes à pourvoir sur la même zone géographique. Pour ce faire, l'entreprise du salarié doit donner son autorisation par signature. Le salarié peut ensuite profiter d'un accompagnement pour envisager un changement de voie. Ce dernier est personnalisé et proposé par un conseiller spécialisé en reconversion.

Reconversion professionnelle : quelle prise en charge par l'État ?

Quel rôle concret l'État joue-t-il dans le financement de la reconversion professionnelle ?

Si la reconversion peut être motivée par des besoins économiques, le financement peut être un problème. Dans le cadre du son plan de relance, l'État prévoit des aides. Celles-ci varient selon la taille de la structure où évoluait le travailleur avant sa reconversion. Dans le meilleur des cas, le coût de la reconversion est pris en charge dans sa totalité. Mais seulement pour les sociétés de moins de 300 personnes. Entre 300 et 1 000 collaborateurs, la participation chute à un taux 75%. Au-delà de ce seuil, elle n'est plus que de 40 %.

Insistons sur le fait que le projet gouvernemental Transco en est toujours à ses premiers pas. Il n'a pas encore fait ses preuves.

À ce jour, aucun objectif concret n'a été communiqué par le ministère. Le budget prévoit néanmoins un financement d'un montant d'un demi milliard d'euros. Une somme qui sera échelonnée sur une période de deux ans.

Tous les actifs peuvent considérer une reconversion professionnelle. Si l'idée de se reconvertir se propage, certains profils sont plus susceptibles de franchir le pas. Accompagnement et dispositifs de financement réconforteront certainement cette tendance en plein boom !